Le début d’année est propice aux bilans, résolutions… Et projections vers l’avenir. C’est ainsi le moment idéal pour réfléchir à sa trajectoire professionnelle. Or, nombreux sont ceux à n’avoir pas véritablement planifié ou « construit » leur carrière. Celle-ci se fait au fil des opportunités saisies, des rencontres ou du contexte, pragmatiquement et, parfois même, plutôt passivement.
Cette approche opportuniste peut fonctionner… Mais dans un contexte économique toujours plus incertain et compétitif, où l’incidence technologique risque d’impacter bon nombre de secteurs dans les années à venir, une gestion de carrière anticipée constitue un atout considérable. Se préparer en définissant des objectifs clairs permet indéniablement de tirer son épingle du jeu : c’est aussi augmenter significativement ses chances de les atteindre.

Savoir ce que l’on veut avant de savoir ce que l’on vaut
La première étape d’une réflexion de carrière consiste à clarifier ses aspirations. Trop souvent, les candidats commencent par évaluer leur valeur sur le marché avant même d’avoir défini ce qu’ils recherchent vraiment. Cette inversion mène à des choix par défaut plutôt qu’à des décisions alignées avec une ambition profonde. Qu’on le veuille ou non, l’alignement entre ses aspirations et son activité est un facteur évident de performance, tant pour l’individu que pour l’organisation.
Une fois cette vision établie, il convient d’évaluer le réalisme de ses objectifs au regard du marché, de ses compétences actuelles et de son parcours. Quelles compétences sont transférables ? Lesquelles seront valorisées dans un nouveau contexte ? Quelles lacunes combler, notamment au moyen de formations ?
Prenons un exemple concret : vous êtes un responsable financier qui ambitionne un poste de directeur général. Entre les deux fonctions, plusieurs étapes intermédiaires s’imposent : élargir son périmètre de responsabilités à d’autres fonctions support, acquérir une expérience opérationnelle, se former au leadership stratégique… Définir ces jalons et les mesures à mettre en œuvre pour les atteindre permet de transformer une ambition abstraite en véritable feuille de route.

L’action comme moteur de progression
« 100% des gagnants ont tenté leur chance ». Le slogan de la célèbre publicité de la Française des jeux résume une vérité fondamentale de la gestion de carrière : il faut agir et aller de l’avant pour espérer un changement. Une réflexion excessive, une aversion au risque paralysante peuvent indéniablement nuire à votre gestion de carrière. Car, spoiler : ce ne sera jamais le bon moment pour changer… Alors, sautez le pas !
Sautez le pas, oui, mais non sans un minimum de préparation. Posez un diagnostic honnête de votre situation, des cartes qui composent votre jeu… Et challengez-le auprès de personnes de confiance avant de vous lancer. Gardez en tête que le mouvement et l’action sont créatrices d’opportunités. Toute la difficulté réside à trouver l’équilibre entre préparation et passage à l’action. Last but not least : le dénominateur commun à bon nombre de parcours réussis reste invariablement le travail et l’engagement, et non la chance ou le timing parfait.
Se former tout au long de sa carrière
La formation continue constitue un pilier essentiel d’une gestion de carrière réussie. Pourtant, nombreux sont les professionnels qui cessent de se former une fois atteint un certain niveau hiérarchique, estimant avoir acquis les compétences nécessaires. Cette posture s’avère particulièrement risquée dans un environnement où les méthodes de management évoluent, où de nouveaux outils transforment les pratiques et où les attentes, tant du marché que des équipes, changent. Un cadre dirigeant qui n’a pas actualisé ses connaissances depuis dix ans se retrouvera progressivement en décalage avec les réalités du terrain.
Parlons formation justement. Les CAS, DAS, MAS et autres MBA ont le vent en poupe… Leur pertinence est néanmoins questionnable pour certaines. Souvent, c’est davantage la légitimité conférée par le titre que le contenu de la formation qui va vraiment vous permettre d’avancer. Avant de s’engager dans un cursus coûteux en temps et en argent, il convient d’étudier attentivement le programme, d’évaluer sa plus-value réelle et de déterminer si l’obtention du diplôme en question constitue un incontournable, représente un vrai accélérateur de carrière ou s’il s’agit juste d’un nice to have.
La question se pose avec une acuité particulière pour le doctorat. Si l’objectif n’est pas une carrière académique, ce choix peut finalement s’avérer contre-productif. Les années investies dans une thèse représentent autant d’expérience professionnelle non acquise, et le profil très théorique qui en résulte peut constituer un frein auprès d’employeurs recherchant une orientation plus pratique.
La question de l’âge
L’âge demeure, encore et toujours, un facteur dans les processus de recrutement… Mais il est moins déterminant que ce que l’on pourrait imaginer. Ce qui compte véritablement, c’est la plasticité et l’agilité de l’individu, sa capacité d’adaptation et son ouverture d’esprit ; faire preuve d’un management moderne, en phase avec son temps est en effet essentiel.
Donc oui, et surtout pour les postes à hautes responsabilités, les profils seniors voire « seniors plus » restent recherchés. Il faut également noter l’importance de maintenir un équilibre générationnel au sein des équipes, d’associer habilement la sagesse de l’expérience à l’énergie de la jeunesse. C’est ainsi que l’enrichissement mutuel, l’émulation collective peut opérer, au bénéfice de l’organisation.
Une période phare pour la carrière est indéniablement la décennie entre 45 et 55 ans : une période où l’expérience accumulée va de pair avec une énergie suffisante pour porter des projets d’envergure. Lorsque la retraite pointe en ligne de mire, il devient néanmoins plus délicat de se projeter, tant pour l’individu que pour l’organisation, qui devra automatiquement déjà penser à la relève.
Éviter les réorientations naïves
Enfin, un dernier mot sur les reconversions. La quête de sens est légitime et constitue souvent le moteur des changements de cap dans une carrière. Il faut néanmoins veiller à éviter l’écueil des réorientations naïves. Quitter un secteur d’activité (de la finance à la culture ou le non-profit par exemple), pour « enfin faire quelque chose qui a du sens », mais avec des prétentions salariales décorrélées du nouveau domaine dans lequel on s’engage, sans le bagage nécessaire de compétences ou de savoirs spécifiques, c’est courir à l’échec. Les mots d’ordre ici : préparation, réalisme… Et parfois, aussi, concession.
La gestion de carrière n’est de loin pas une science exacte. Elle relève davantage de l’art de naviguer dans l’incertitude avec une boussole fiable. C’est cette boussole, l’incarnation de ses aspirations couplée à la connaissance de soi, avec ses atouts et ses faiblesses, qui fera toute la différence. Le reste est affaire de travail, de persévérance… Et de mise en mouvement. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il s’agit de notre motto… Move UP !
