En décembre 2025, nous vous avions demandé dans un sondage LinkedIn ce que vous aimeriez pour 2026. Les résultats ont été parlants : 44% d’entre vous aspirent à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Viennent ensuite 24% qui aimeraient voguer vers de nouveaux horizons, 19% qui souhaiteraient monter en responsabilités et 13% se perfectionner. La recherche d’équilibre arrive donc largement en tête.
Un meilleur équilibre… Oui, mais encore ?
Qu’entend-t-on exactement par « meilleur équilibre » ? Réduire la voilure côté boulot ? Donc travailler moins ? Mieux profiter de ses moments off ? Ne plus avoir toujours l’impression de courir après le temps ? Avant de prendre le taureau par les cornes, il faudrait d’abord s’interroger sur ce qui pèche vraiment. Est-ce une question de méthodes ou d’outils inadaptés qui nous font perdre du temps et nous rendent moins efficaces ? Est-ce une question d’attitude face au travail et aux autres ? Sait-on vraiment poser ses limites ? Qu’est-ce qui dépend de nous, qu’est-ce qui dépend des autres ? Se poser ces questions au préalable permet de savoir où travailler précisément pour atteindre cet équilibre tant recherché.

Les pièges classiques qui mettent à mal notre équilibre
Premier piège : le syndrome du « people pleaser ». Autrement dit, ne pas savoir dire non pour « faire plaisir ». Cette difficulté à poser ses limites mais aussi à prioriser nous met sous stress, crée des attentes de part et d’autre… Avec pour conséquence, si l’on n’arrive pas à accomplir ce sur quoi on s’est engagé, notre confiance en soi qui en prend un coup.
Cette difficulté à prioriser peut se traduire par un mode « papillonnage » : en passant d’une activité à l’autre, sans jamais vraiment s’arrêter ni rentrer dans la matière en profondeur, on s’épuise, on s’éparpille voire on brasse de l’air façon hélicoptère. Envisager l’organisation de son temps différemment, avec des sessions blocs prolongées ou des périodes tampons pourrait grandement modifier la donne.
Autre piège de notre époque : la flexibilité. Qui n’aime pas l’agilité dans l’organisation de son temps ? Sans la contrainte du 9-17h, on goûte à un nouveau sentiment de liberté, avec l’impression de pouvoir disposer de son temps comme on l’entend. Le télétravail a aussi porté cette flexibilité aux gémonies… Mais aujourd’hui, force est de constater que nous en revenons. On oublie en effet qu’il peut y avoir une vraie charge mentale à la flexibilité et qu’elle peut finalement nous rendre moins performant. Le cadre, la routine, permettent en effet souvent d’être plus productif. Ce n’est sans doute pas pour rien que bon nombre d’écrivains raffolent de routines de travail particulièrement strictes : Amélie Nothomb, par exemple, écrit tous les matins, tous les jours, de 4h à 8h, qu’il vente, qu’il pleuve ou même en étant malade.
Souvent, quand on est débordé professionnellement, on l’est aussi dans sa vie privée. Les deux sphères interagissent et se nourrissent mutuellement. On planifie des vacances pleines d’activités, on veut tout voir, tout faire, profiter à fond. Résultat ? On retourne épuisé au travail. Les vacances se transforment en un projet où le All Inclusive devient la règle. Et si on appliquait à notre vie privée le même pragmatisme qu’à notre vie professionnelle ? Cela peut passer par un soutien ciblé pour l’entretien de la maison, par une organisation plus réfléchie, des choix redimensionnés et assumés sur ce qu’on veut vraiment faire de notre temps libre… Du Less is more mais avec plus d’intention.

Quelques pistes pour réajuster la balance…
L’équilibre se construit autour de quelques fondamentaux. D’abord, reconnaître et écouter son rythme : dans une précédente newsletter, nous vous parlions de l’importance de le trouver et des ajustements à faire, tant au niveau individuel qu’organisationnel.
Ensuite, avoir une vision de ce vers quoi on veut tendre – être au clair sur ses objectifs à court, moyen et long termes, permet de redonner sens à nos actions quotidiennes et à garder le cap, chacune de nos activités s’inscrivant dans un grand projet.
Enfin, apprendre à se protéger et à poser ses limites, c’est un impératif pour pouvoir préserver son temps et son énergie. Là encore, rien ne sert d’aligner les heures au compteur sans drive ni intention. Des études, comme celle menée par l’université de Stanford sur le temps de travail optimal, montrent qu’au-delà de 50 heures par semaine, la productivité chute drastiquement. Dans la même ligne, le rythme du 996 (9h-21h, 6 jours sur 7) pratiqué dans certaines entreprises de la Silicon Valley illustre ce qu’il faudrait éviter de faire.
Pour conclure, l’équilibre se construit et se transforme au fil du temps. C’est un travail continu d’ajustements et d’expérimentations. Ce qui marche aujourd’hui ne marchera peut-être pas demain. Tout dépend aussi d’où l’on est dans sa vie et quelles sont les obligations qui nous incombent à ce moment. L’équilibre, finalement, c’est accepter cette imperfection permanente, sans perdre de vue ce qui compte vraiment pour nous. Pour cela, il faut prendre le temps de bien le définir, et y revenir, périodiquement… Comme au changement d’année par exemple.

